Mobilité verte : quels enjeux et perspectives pour les industries et les villes ?

Avancer vers des solutions et des services de mobilité les plus propres possible agite tout un écosystème d’acteurs, des constructeurs historiques en passant par les géants de la tech et les autorités publiques. C’est de plus en plus une attente des citoyens, et une nécessité pour la planète.

De gauche à droite : Olivier Sappin, CEO CATIA chez Dassault Systèmes, ancien Vice-Président Industrie Transports & Mobilité chez Dassault Systèmes, Laurence Montanari, Chef de Projet Innovation EZ Flex, Groupe Renault LCI, Frédéric Mélot, animateur de cette table ronde, Erik Grab, Vice-Président Anticipation stratégique et Innovation, Groupe Michelin, Fondateur de Movin’on Lab et Olivier Kergoat, Co-fondateur du cabinet Urban Practices.

 

De quoi parle-t-on ?

À la lecture de ce titre, la première question qui nous vient à l’esprit est : qu’est-ce que la mobilité verte ? Certains parlent de mobilité durable, d’autres d’écomobilité. Si ces termes ne nous sont pas totalement inconnus, il n’est pourtant pas si évident de saisir les problématiques et enjeux qui se cachent derrière. Plusieurs axes de réponse sont donnés par nos invités.

Olivier Sappin, aujourd’hui CEO de CATIA, anciennement Vice-Président Industrie Transports & Mobilité chez Dassault Systèmes, y voit une manière de se focaliser sur l’essentiel de l’Homme : « Le territoire urbain actuel est articulé autour de l’automobile. Mais aujourd’hui, les attentes sont nouvelles. La mobilité verte ne se limite pas aux technologies, aux véhicules autonomes ou électriques : il faut remettre l’Humain au centre, lui apporter du bien-être, tout en lui permettant d’aller d’un point A à un point B. ». La mobilité verte peut également être définie comme « une mobilité raisonnée, sans excès » comme le souligne Laurence Montanari, Chef de Projet Innovation EZ Flex, Groupe Renault LCI. Un propos soutenu par Erik Grab, Vice-Président Anticipation stratégique et Innovation, Groupe Michelin, Fondateur de Movin’on Lab, qui préfère parler de mobilité « durable ». En effet, selon lui, cette notion de durabilité rappelle plus fortement que « les dimensions sociales et économiques sont indissociables de la notion environnementale ». Enfin, Alain Kergoat, Co-fondateur Urban Practices, partage sa vision de la mobilité verte comme étant une « mobilité non consommée ». Tous sont donc unanimes : la mobilité verte est focalisée sur l’Homme, la nature et la vie.

 

L’Homme au coeur de la réflexion

Centrer notre réflexion sur l’Homme et l’environnement, d’accord. Mais, comment cela se manifeste-t-il dans la réalité ? Nos territoires rencontrent un problème majeur : d’ici 2050, 75% de la population mondiale sera urbaine. Dans un monde fonctionnant en silos et où la consommation est individuelle, la réflexion doit être portée sur les nouveaux usages et les usagers. Nous revenons donc à la question d’une mobilité raisonnée et adaptée.

Dans un premier temps, « Les villes doivent repenser leurs fonctionnalités et leurs polarités, trouver le bon mix entre habitat, commerces, loisirs et travail. », selon Alain Kergoat. Nous devons penser dans une logique de Smart City, les acteurs de ce changement sont d’abord les villes, elles « ont le pouvoir de décider quel type de mobilité et de véhicules elles souhaitent. », souligne Olivier Sappin. Usages et usagers vont de pair : dans dix ans, achèterons-nous des voitures individuelles ou consommerons-nous des services de mobilité ? Olivier Sappin imagine un monde où « Le maître mot sera la multimodalité : un système harmonieux de mobilités vous menant d’un point A à un point B, au moyen de véhicules individuels, de véhicules autonomes, de drones, de trains, de métros ou autres. ». Ces changements sont complexes. Au-delà d’une remise en cause de nos fonctionnements, les coûts de tels projets ne seront que plus élevés. Erik Grab, réaliste, nous confie : « Le plus simple serait de créer des villes de zéro. Mais ni les États ni les villes n’ont l’argent nécessaire. ».

Dans un second temps, nous ne devons pas oublier que les premiers acteurs sont avant tout les habitants de nos villes. Nos habitudes de consommations individuelles et massives devront être revues. Laurence Montanari nous le rappelle : « Sans en être la seule raison, nos pratiques d’achat en ligne n’y sont pas étrangères, générant plus de flux de transports que lorsque nous allions chercher les produits en magasin. »

« Le juge de paix ne sera pas la technologie, mais les nouveaux usages » – Olivier Sappin, CEO CATIA, ancien Vice-Président Industrie Transports & Mobilité chez Dassault Systèmes

 

Enjeux de demain : les nouveaux talents

Nous l’avons compris, ces transformations remettront en cause l’ordre établi dans notre manière de consommer et de nous déplacer. Les contraintes seront différentes. Pour des projets d’une telle complexité, il est légitime de se questionner : qui possède réellement les moyens d’agir ? Erik Grab nous partage une vision tranchée de la problématique. Il affirme que « les grands groupes doivent apprendre à travailler ensemble ». Il est vrai que les grands groupes disposent de nombreux moyens, qu’ils soient financiers, humains ou technologiques. Ils possèdent cette capacité à passer du prototype au développement industriel, contrairement aux start-ups. Si, réellement, « les grands groupes savent collaborer, alors ils sauront apporter des solutions déployables ».

Mais attention ! Tout cela ne se fera pas par « l’opération du Saint-Esprit », bien évidemment. C’est ici que les grands groupes ont un rôle sociétal à jouer. Qui dit nouveaux besoins, dit nouveaux talents. « Prenons l’exemple du véhicule connecté, il comporte des logiciels, de l’analyse de données, avec toujours de la mécanique, bien sûr. Il faut de très bons ingénieurs et techniciens. » souligne Olivier Sappin. De nouveaux métiers passionnants naissent sans cesse. C’est aujourd’hui la mission des industriels français que de réussir à attirer ces nouveaux talents. Erik Grab explique que « nous devons revaloriser ces métiers par rapport aux métiers un peu plus « GAFAM », qui attirent aussi les jeunes gens. Et c’est bien ! Mais nous avons aussi d’autres métiers très intéressants. ». Au sujet de la transformation et du renouveau, Laurence Montanari pointe du doigt le format de notre table ronde : « ce type de webinaire témoigne de ce travail différent dans nos entreprises, qui est source d’attractivité. ». Force est de le constater : les grands groupes ne cessent de se projeter et d’innover.

Il va donc falloir apprendre à se transformer pour… transformer.

 

Retrouvez ci-dessous un teaser de cet échange passionnant. Nous vous proposons de visionner la version complète du replay ici.

Découvrez également notre eBook compilant les meilleurs moments de notre table ronde !

 

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Sébastien Davoust

Ingénieur électronique de formation. Nouvel élément du marketing digital. Je découvre le monde passionnant de la transformation numérique chez Dassault Systèmes.
- 2 semaines ago