Collaboratif : avant tout une histoire de langage

Il occupe une place forte et systématique dans la sémantique de l’informatique moderne : le « collaboratif ». Je vous propose ici un point rapide sur l’utilisation bien souvent galvaudée de ce terme, ainsi que deux événements dédiés au collaboratif (le vrai) au service de l’innovation produit. 

Paramount / Courtesy Everett Collection

Le terme « collaboratif » fait étymologiquement référence au fait de travailler avec quelqu’un ou un groupe de personnes, bien au-delà de son visage modernisé et numérisé. Aujourd’hui, la pensée commune est en phase sur l’utilisation de ce terme pour décrire :

  • une manière de travailler ensemble dans un cadre hiérarchisé le plus efficace possible,
  • dans un ou plusieurs buts communs,
  • grâce notamment à l’utilisation des technologies informatiques connectées.

« Le top 6 des outils collaboratifs »

Des articles comme cela sur Internet, vous avez dû en voir passer un certain nombre. En tapant « outils collaboratifs » dans mon moteur de recherche, je tombe le plus régulièrement sur Slack, Dropbox, la G-Suite de Google, Trello, ou même Evernote dans une catégorie légèrement différente. Les gens adorent ces outils pour de nombreuses raisons : ils sont disponibles en mode cloud (paiement à l’usage, disponibilité des solutions en ligne depuis n’importe où), ils sont instinctifs, flexibles, conviviaux, etc.

Le collaboratif est avant tout une histoire de langage commun

Lorsqu’on évoque le collaboratif, on pense de prime abord :

  • au partage de données, de fichiers, d’informations, le tout en temps réel,
  • à une plateforme numérique en mode cloud, via laquelle on centralise les flux et les échanges entre collègues,
  • à des outils intuitifs, simple d’utilisation, accessible depuis n’importe quel ordinateur, tablette ou smartphone, partout dans le monde.

Prenons un exemple : une startup qui souhaite se lancer dans le design et la commercialisation de coques de haute solidité pour smartphones. Oui, celles qu’on voit dans les pubs sur Instagram et qu’on jette de la hauteur d’un balcon sans qu’elles se brisent. On parle bien ici d’innovation et de développement produit, donc.

A sa création, cette startup va créer un business plan et commencer à travailler sur le design de cette coque. Dans l’optique de pouvoir rapidement faire du partage de fichiers, de la gestion des versions et simplement du stockage, ils s’équipent de Dropbox. Jusque là tout va bien.

Là, le design en 3D du produit a bien avancé, la startup a rencontré des partenaires spécialistes des matériaux, des fabricants, des experts de la simulation numérique. Et là ils sont confrontés à un phénomène particulier : leur plateforme d’échange de fichiers ne prend pas en compte le format de référence dès que l’on parle d’innovation produit : la 3D. Pas d’aperçu possible des modèles 3D, obligation donc pour tous les interlocuteurs du projet de télécharger les modèles 3D sur leur ordinateur pour pouvoir les ouvrir dans un logiciel dédié et les modifier, pour ensuite les charger en ligne à nouveau. Temps perdu, menace de l’intégrité des données et donc du prototype, cassure évidente dans la continuité numérique des projets, ainsi que de nombreux autres effets collatéraux négatifs pour la compétitivité de la startup.

Une fois que la machine est lancée, que les commandes pleuvent, très difficile de faire marche arrière et de se sortir de ce pétrin en parallèle de l’opérationnel. Trouver une solution collaborative qui mutualise, dans un environnement sécurisé et intuitif, les différentes briques logicielles, informationnelles et technologiques d’une entreprise, ça ne s’improvise pas.

Avoir toutes les compétences en interne : l’apanage des grandes sociétés

Vous l’aurez compris, avoir accès au sein de l’entreprise à l’intégralité des compétences pour développer un produit, le concevoir dans les meilleures conditions, le mettre sur le marché, gérer l’offre et la demande, gérer le SAV, n’est pas forcément accessible. Alors oui, les startupeurs ont la réputation de savoir tout faire, mais ce raisonnement a ses limites. C’est là que la notion d’innovation ouverte débarque.

Reprenons l’exemple de notre startup : elle a conçu son prototype de coque haute-solidité en 3D, mais va devoir travailler avec des experts de simulation numérique des propriétés matériaux et du rendu 3D haut niveau pour pouvoir créer des visuels pour sa documentation, sa communication. Cette petite entreprise doit-elle recruter des experts de ces domaines ? En a-t-elle seulement les capacités ? N’est-ce pas trop risqué ?

Aujourd’hui, grâce à des plateformes numériques ouvertes, la startup a l’opportunité d’aller chercher des ressources spécialisées à l’extérieur de son entreprise, et de permettre à ces sous-traitants un accès à un environnement collaboratif métier, bénéficiant ainsi de l’intégralité des conditions pour effectuer leur mission de manière agile et pertinente :

  • des outils métier compétitifs : conception 3D, simulation numérique, optimisation digitalisée de la production, gestion des ventes, marketing, qualité, maintenance prédictive, etc.
  • un système de communautés permettant une collaboration fluidifiée entre les contreparties d’un projet,
  • une capitalisation sérieuse des connaissances et des savoir-faire,
  • une alternative au GAFAM en matière d’hébergement sécurisé de fichiers.

Développer un produit, ça ne demande plus les mêmes compétences qu’il y a quinze ans. Il n’y a pas que les ingénieurs qui sont en mesure d’innover. N’importe qui peut passer d’une idée à une représentation 3D facilement, et partir au front pour lever des fonds. L’impact de ce phénomène sur notre tissu de petites entreprises françaises a été, est et sera absolument gigantesque. Ce qui différencie une petite entreprise des autres, c’est son agilité, sa réactivité, sa capacité à être plus innovante que les autres, plus vite. Elle a donc besoin d’un système sans contraintes IT (comprendre cloud), dont le système de paiement à l’usage lui permet de démarrer un nouveau projet demain ou après-demain.

Est-ce que ça existe ? Si oui, est-ce que c’est accessible pour les petites entreprises ? Patience, on y vient…

La continuité numérique, une version aboutie du collaboratif ?

Autre terme que vous aurez difficilement manqué ces dernières années : la notion de continuité numérique. Naturellement, pas de continuité numérique sans technologies collaboratives. Un constat aujourd’hui, une proportion infime de sociétés (on parle de quelques %) ont implémenté un système d’information qui permet une réelle continuité numérique.

Nous parlions préalablement de l’importance du langage de référence dans le domaine de l’innovation produit : la 3D. Le simple fait qu’une plateforme ne permette pas de travailler de manière dynamique sur le jumeau numérique de votre produit est une rupture de la continuité numérique, par essence. Toutes les étapes du développement produit doivent être gérées au sein d’un système unique, de manière normalisée. Au sein de cet environnement seront donc en mesure de collaborer (liste non-exhaustive, bien entendu) une ou un chef d’atelier, ingénieur en simulation numérique des matériaux composites, directeur commercial, DRH, marketeur, PDG, responsable de maintenance, financier. En somme, tout le monde.

Deux événements à ne pas manquer pour creuser le sujet du collaboratif

Si cet article vous a interpellé, voici deux événements auxquels je vous recommande de participer ce mois-ci. Ces deux dates vous permettront de rencontrer et échanger avec des interlocuteurs dont le métier est d’aider les PME à transformer leur modèle grâce au collaboratif.

Entreprise du Futur, le 23 janvier à Lyon : cette grand messe du phygital et de la transformation des PME grâce au numérique aura lieu au Centre des Congrès de Lyon le 23 janvier prochain. 2000 professionnels attendus, des conférences de super niveau, des ateliers métier très appréciés des acteurs de la tech en général. Nos équipes y donneront à 16h30 une masterclass sur le potentiel de la continuité numérique pour les petites entreprises. Pour en savoir plus, ça se passe ici. Pour les lecteurs de cet article qui seraient intéressés en particulier par les sujets d’optimisation de la production grâce au numérique, une autre masterclass sera donnée sur cette thématique lors du même événement.

« Les 5 raisons pour adopter une plateforme collaborative métier en 2020 ! », webinaire organisé par nos équipes et diffusé en direct sur l’Usine Nouvelle le 30 janvier à 11h, auquel vous pouvez vous inscrire ici. Deux experts du sujet évoqueront et illustreront l’importance pour une PME de considérer la mise en place d’une plateforme de collaboration ouverte aux écosystèmes extérieurs à l’entreprise, pour davantage de compétitivité sur le marché de l’innovation.

 

Aurélien Gohier

Senior Digital Manager at Dassault Systèmes
Marketeur de l'innovation en B2B, blogueur, podcasteur, intervenant. Senior digital manager et fier ambassadeur au sein de Dassault Systèmes. Passionné des sujets de la transformation des modèles économiques au service d'une industrie éco-efficiente et profondément humain, et par les leviers d'attractivité de celle-ci auprès des nouvelles générations. #ProgressIsHuman #3DEXPERIENCE
- 59 minutes ago