3DEXPERIENCE FORUM France 2018 : ce qu’il ne fallait pas manquer [3/3]

A l’ère de la Renaissance de l’Industrie, l’intelligence collective rend possible l’impossible” : quelle ambition dans ce thème de l’édition 2018 ! Qu’allions-nous vraiment apprendre, quel secret allions-nous découvrir ? En réalité, cette journée a livré bien mieux qu’un secret : une vision partagée. Et des pépites.

L’humain reste au cœur de la Renaissance de l’Industrie

“La renaissance de l’industrie passe par deux axes : la modernisation des outils de production et la redéfinition des modèles d’affaires. Ces nouvelles approches sont possibles grâce au numérique qui vient soutenir les performances des machines et des hommes”, décrit très justement Céline Dantzer-Delfino, Responsable des Affaires publiques de Dassault Systèmes sur la zone Eurowest. “Mais attention, dans tout ce progrès, les savoir-faire et les compétences deviennent un enjeu majeur que les entreprises doivent apprendre à maîtriser”, prévient-elle. Ainsi s’ouvre une table-ronde passionnante, consacrée à l’accompagnement de la transformation des rôles de “l’Homme au cœur de la Renaissance de l’Industrie”, par la transmission des nouveaux savoirs et savoir-faire.

Autour de la table, Paul Allibert, Directeur général de l’Institut de l’Entreprise, Frédéric Geoffroy, Directeur du campus de Paris des Arts et Métiers et Bertrand Delahaye, Directeur adjoint des ressources humaines du groupe SAFRAN.

A la question centrale de la transmission des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être, le groupe SAFRAN répond en créant sa propre école de l’industrie du futur. Ici, son DRH adjoint, Bertrand Delahaye.

“ L’Industrie n’est pas sexy, Paul Allibert donne la note, pourtant l’industrie dépose 75% des brevets en France. L’enjeu économique est majeur : un point d’exportation de produits industriels équivaut à dix points d’exportation de services. Je pense qu’avec le numérique, nous pouvons réussir, grâce notamment à des gains de productivité”.

Alors, l’Institut de l’Entreprise, qu’il dirige, organise des learning expeditions : “on emmène des dirigeants d’entreprises, mais aussi des hauts fonctionnaires, des scientifiques, des syndicalistes et des journalistes, pour qu’ils comprennent mieux les problématiques des entreprises.” Paul Allibert croit également beaucoup à la formation en alternance, mais pose aussi l’enjeu du financement de l’innovation : “En dix ans, le Canada a mis 15 milliards d’euros dans l’intelligence artificielle, juste à Montréal. La France annonce un investissement dix fois moindre. Est-ce vraiment suffisant ?”

Aux Arts et Métiers, Frédéric Geoffroy souligne l’importance de l’alignement entre entreprises, chercheurs et outils pédagogiques pour un accompagnement adapté aux profils des jeunes. L’objectif est de les rendre employables aussi bien dans les grands groupes, que dans les PME ou en parcours de création d’entreprise.

Les Arts&Metiers mettent donc l’entreprise au cœur des formations et même au cœur de ses 8 campus en investissant uniquement dans des machines industrielles et en assurant leurs cours via des enseignants-chercheurs à 80%. Pas d’artifice à l’ENSAM ! La réalité industrielle est invitée permanente auprès des 6000 étudiants ! Un conseil composé d’industriels et de chercheurs travaille en continu à faire évoluer les formations. La plateforme numérique vient compléter la démarche en associant le réel et le virtuel et en fournissant un socle de collaboration indispensable aux laboratoires et aux étudiants dans le cadre de projets bâtis autour de « “partenariats collaboratifs”, pour lesquels ils ont “besoin d’outils permettant de travailler en temps réel, sur plusieurs lieux.»

“Nous avons donc choisi d’utiliser la 3DEXPERIENCE de Dassault Systèmes et de la déployer le plus vite possible sur les 6000 étudiants” – Frédéric Geoffroy, ENSAM

Quant à SAFRAN, le groupe a initié un projet d’Usine-Ecole de l’Industrie du Futur à Bondoufle en région parisienne. Ce projet mené par un consortium d’industriels (SAFRAN, FIVES, ADECCO) et d’experts en ingénierie pédagogique (AFPA, AFORP, FDME) vise à faire monter en compétences les collaborateurs de l’entreprise et de l’ensemble de la chaîne de partenaires sous-traitants avec laquelle elle travaille. “En formation continue, nous visons l’accompagnement de 300 personnes par an. En formation initiale, c’est une centaine environ”, précise Bertrand Delahaye. Cette école est une “usine à fabriquer des compétences”, avec une usine dotée de vraies machines, de cobots, d’un centre d’usinage et des technologies de l’usine du futur (réalité augmentée, réalité virtuelle, internet des objets). L’école formera aussi aux compétences sociales, indispensables dans un contexte collaboratif. Tout ceci étant coloré par “une très forte intégration numérique, depuis la conception jusqu’à l’industrialisation, la production, le suivi de production sur les pièces et les flux”, détaille encore Bertrand Delahaye, qui clôt ainsi cette table-ronde.

Replay de la table ronde disponible ici.

“Workforce of the Future”

Parler de transmission des savoirs et des savoir-faire sans parler de l’expérience d’apprentissage montée par le Learning Lab de Dassault Systèmes et le centre d’expertise DITEX de l’Université de Lorraine, serait une erreur.

J’ai pu rencontrer le directeur opérationnel de DITEX (Digital Industry Tools EXperts), Julien Zins, qui présentait le projet sur le stand “Workforce of the Future”.

Une expérience d’apprentissage à la combinaison unique au monde de la plateforme 3DEXPERIENCE, de l’expertise de DITEX de l’Université de Lorraine et du cobot Yumi ABB.

“Aujourd’hui, nous présentons une plateforme d’enseignement de la robotique sur une plateforme collaborative. L’idée est de présenter cette technologie à nos étudiants : en s’appuyant sur des problématiques industrielles (on filme les opérateurs, on détecte les mouvements et les troubles musculosquelettiques potentiels), accompagnés par la technologie 3DEXPERIENCE, on va déterminer comment remplacer des tâches problématiques pour l’Homme, par des cobots. D’abord théorique, la réflexion utilise des outils de simulation pour optimiser”, explique Julien Zins. Selon lui, ces cobots étant “les intermédiaires entre l’assemblage 100% manuel et celui 100% robotisé, ils vont permettre une alliance avec le savoir-faire humain et ainsi maintenir et créer de l’emploi.”

Le premier 3DX Pitch

Pour clore ce compte-rendu, comment ne pas évoquer une nouveauté très intéressante de ce Forum : le 3DX Pitch ? Le principe : le 3DEXPERIENCE Lab de Dassault Systèmes, qui accompagne déjà une vingtaine de startups, en a sélectionné quatre nouvelles. Leurs représentants présents sur scène disposent de 4 minutes pour se présenter. L’assistance peut ensuite voter en direct, via une application à télécharger sur son smartphone.

Tristan Vouga, CEO de la start-up Twiice, quelques minutes avant d’apprendre que leur exosquelette remporte ce premier 3DX Pitch.

Les quatre startups étaient toutes très prometteuses : Lancey et son “premier radiateur avec batterie intégrée”, Ximo et son “exosquelette de travail”, Immersive Robotics et ses “robots multi-métiers pour assister vos équipes et booster votre CA”.

Et… le gagnant de ce premier 3DX Pitch, Twiice et son “premier exosquelette qui s’adapte au besoin de son utilisateur”. Son CEO, Tristan Vouga, pouvait être ravi : il pourra présenter un deuxième pitch au siège de Dassault Systèmes à Vélizy, devant le Comité exécutif et les membres élargis de l’accélérateur de startups de Dassault Systèmes. Au final, le gagnant pourra accéder au programme du 3DEXPERIENCE Lab.

Cette journée tournée vers l’avenir, ne pouvait pas s’achever de plus belle manière.

Replay du 3DX Pitch disponible ici.

[Cet article est publié en trois volets, et vous venez d’en consulter le second. Le second épisode est accessible ici. Visionnez les replays du 3DEXPERIENCE FORUM France directement depuis la page d’accueil du site web dédié à l’événement]

Frédéric Mélot

Journaliste, auteur et communicant depuis 20 ans, Frédéric Mélot est aussi un entrepreneur de la transformation numérique des médias et des entreprises depuis 1999. En 2017, il crée l’agence conseil Ch@pô, content factory BtoB.