Nos données personnelles sont-elles enfin à l’abri ?

À l’origine, la collecte de données des consommateurs était effectuée par les banques et les supermarchés, qui traçaient nos déplacements et nos modes de consommation, lorsque nous effectuons nos achats en carte bleue, retirons de l’argent ou effectuons des virements bancaires. Puis, avec l’essor des nouvelles technologies et l’avènement des géants de la data ces 10 dernières années, ces derniers sont désormais capables de tracer beaucoup de nos comportements, à l’aide des données que nous laissons inconsciemment ou pas.

Ainsi, notre attention est sollicitée et orientée dans nos usages du numérique.

En effet, certaines pratiques mises en œuvre par les géants du numérique, peuvent être massives et intrusives. Par conséquent, notre attention n’est pas seulement captée dans les temps morts, mais aussi dans les temps de disponibilité. Lorsque nous sommes par exemple, sur un quai de métro, ou entre deux émissions de télévision.

Nombreux sont les services gratuits sur le web, comme sites de partage, co-working, sites de retail e-commerce, etc. Mais derrière cette réalité d’apparence bienveillante, se cache un véritable marché de revente de la donnée à but économique, marketing ou publicitaire.

Notre attention est ainsi devenue un avoir monétisable.

Face aux sollicitations permanentes et à l’explosion de la publicité ciblée, les géants du web renvoient des annonces aux utilisateurs, qui correspondent à leur goût, leurs habitudes de navigation, et leur profil. Pour parvenir à cerner les utilisateurs et élaborer une publicité qui leur ressemble, ils récupèrent trois types d’informations : les sites qu’ils visitent, leurs entrées dans les moteurs de recherche et leurs achats en ligne.

Toutes ces données constituent la matière première indispensable pour ces acteurs du web. Elles permettent d’une part de réaliser des études de marché, et d’autre part de cerner le profil individuel de l’utilisateur.

Lorsque nous utilisons des plates-formes sociales gratuitement, elles ne sont pas sans contrepartie.

Le prix à payer : la confidentialité de nos données.

Des acteurs du web, comme Facebook et Google offrent des services gratuits à leurs utilisateurs, afin de pouvoir exploiter leurs données personnelles. Cette monétisation des données est remise en question par certains internautes, qui deviennent petit à petit conscients de la valeur de leurs données personnelles. Ces derniers veulent vendre leurs produits en touchant un large public. C’est de cette manière, que notre vie privée intéresse les sites web.

D’autre part, il y a également les données personnelles issues des amis. Facebook nous incite indirectement à avoir le plus grand nombre d’amis, pour être crédible auprès de la communauté de Facebook. Indirectement plus nous avons d’amis, plus nos amis peuvent dévoiler des données personnelles à la fois sur eux-mêmes et sur nous, comme les données de géolocalisation, les sorties, les loisirs, etc.

Le problème de la transparence des algorithmes relève du secret des affaires, qui est au cœur du financement de ces plates-formes. L’argument de Google, c’est de dire qu’il ne peut dévoiler son algorithme, car cela le fausserait et permettrait à chacun, de vouloir promouvoir son site en contournant les règles de son algorithme.

Le secret sur l’algorithme permet d’entretenir « sa neutralité ».

Dans la réalité, cela permet aussi en toute opacité de promouvoir d’abord leur propre contenu. Il y a ainsi une domination économique de Google, qui représente à l’heure actuelle 40 %  de l’accès aux sites d’informations sur le web en France, comparé à Facebook et Twitter, qui représente 19 % de l’accès des sites d’informations en ligne. Ainsi, la dépendance économique est très grande, puisque les dealers du numérique se financent, grâce aux ressources publicitaires de leurs affiliés.

C’est sur le web que les géants du numérique se font une place, et profitent des opportunités pour faire connaître leur produit sans trop s’engager financièrement. Cependant ce monopole de la données risque de changer amplement et de se durcir pour les entreprises de la data.

Dans un peu plus d’un an (mai 2018) entrera en vigueur la nouvelle réglementation européenne sur le traitement des données personnelles. Sous le nom de Règlement Général sur la Protection des Données, il a pour objectif de renforcer la protection des données personnelles, en encadrant davantage les conditions de leur conservation et réutilisation. Le règlement renforce ainsi le droit aux personnes, avec un droit à la portabilité de leurs données. Les entreprises devront par exemple donner plus expressément la preuve du consentement préalable quand elles récoltent des données. Le deal de ce règlement, permettra à nous utilisateur, d’obtenir plus de transparence de la part des entreprises dans le traitement et la sous-traitance des données.

caroline.mazellier@3DS.com'

@C1Maz

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